Trollons la GPA

Au départ, je n'étais ni favorable ni hostile à la GPA. C'est exactement le genre de sujet pour lequel je trouve qu'il n'y a que des mauvaises solutions. Comme souvent dans ces cas-là, mon vieux fond anar refait surface et me souffle : que chacun fasse comme il veut en accord avec sa propre conscience, vu que ça ne perturbera pas l'équilibre du monde, vu qu'il s'agit d'une pratique qui restera toujours ultra-confidentielle, vu que je me suis laissé dire que l'écrasante majorité des couples avaient un moyen plus simple et relativement agréable de faire des bébés.

Hélas, la MPT a mis le sujet sur le tapis et comme chez nous, c'est l'extrême-droite qui fixe les termes du débat et l'agenda médiatique, il se trouve depuis deux ans tout un tas de personnalités pour tomber dans le piège de croire qu'on les somme de dire qu'ils sont contre. D'illustres intellectuel-le-s signent donc des tribunes et des pétitions, des éditorialistes prennent position, des politiciens de tous bords lâchent des petites phrases, des papes font la morale au parlement européen ; des élus déposent même des propositions de loi visant à interdire la GPA – ce qui est fascinant en terme de gaspillage d'énergie parlementaire puisqu'elle est déjà interdite.

N'ayant pas trop d'avis et souhaitant m'en forger un, je me suis donc intéressé au discours des opposants. Et ça m'a semblé plutôt pauvre. (En même temps, si la qualité des débats politiques atteignait des sommets, ça se saurait.) Au point que plus je lisais leurs arguments contre, plus j'avais envie d'être pour.

Le reste n'est qu'imprécations catastrophistes à base de rupture anthropologique, de retour des Lebensborn et de fin de la civilisation – comme à peu près chaque fois qu'émerge une nouveauté depuis l'origine de l'humanité. Le réac est conservateur jusque dans son argumentation.

Si je voulais troller, je proposerais bien une solution : autoriser la GPA, mais interdire catégoriquement qu'elle soit rémunérée. Ça résout tous les problèmes à la fois ! On répond à la demande des couples stériles, c'est raccord avec la pratique actuelle (à l'œuvre dans les greffes par exemple) de non commercialisation du corps humain, pas de pression économique sur les femmes puisque la seule motivation serait l'altruisme, pas de risque de trafic ou de filière illégale puisque ça ne pourrait pas rapporter d'argent.

Allez, on fait comme ça et on n'en parle plus.